La rétinopathie du prématuré : des stratégies pour optimiser le dépistage et la prise en charge
Affichage : le 23 octobre 2026
La Société canadienne de pédiatrie vous autorise à imprimer une copie unique de ce document tiré de notre site Web. Pour obtenir l'autorisation d'en réimprimer ou d'en reproduire des copies multiples, lisez notre politique sur les droits d'auteur, à l'adresse www.cps.ca/fr/policies-politiques/droits-auteur.
Autrices et auteurs principaux
Gabriel Altit MD, Marc Beltempo MD, Philippe Lamer IPSNN, Nasrin Najm-Tehrani MB BCh M. Sc.; Société canadienne de pédiatrie,
Comité d’étude du fœtus et du nouveau-né
Résumé
La présente mise à jour du document de principes de la Société canadienne de pédiatrie sur la rétinopathie du prématuré aborde l’évolution, depuis sa publication en 2016, de secteurs clés des connaissances et du traitement de ce trouble prolifératif qui touche les nouveau-nés prématurés. Elle insiste également sur un dépistage rapide et approprié en fonction de l’âge postmenstruel. Les récents changements de pratique en néonatologie, la publication d’un système de classification révisé (l’ICROP3) et les progrès thérapeutiques ont amélioré les recommandations relatives au dépistage de la rétinopathie du prématuré. Les critères fondés sur des données probantes et les algorithmes qui soupèsent l’intérêt du dépistage précoce par rapport à l’évitement de tout examen inutile arriment les directives de dépistage. Les progrès thérapeutiques, notamment les thérapies anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire, sont exposés, de même que les traitements au laser traditionnels. L’importance d’un suivi approfondi pour optimiser les résultats sur la vision est également soulignée. Il est recommandé d’opter pour une approche structurée du dépistage et du traitement, qui fait appel à la fois à des méthodes pharmacologiques et non pharmacologiques pour favoriser le confort du nouveau-né pendant les examens relatifs à la rétinopathie du prématuré.
Mots-clés : dépistage de la rétinopathie du prématuré; rétinopathie du prématuré; thérapie anti-VEGF
La rétinopathie du prématuré (RdP) est un trouble prolifératif qui touche les vaisseaux sanguins de la rétine chez les nouveau-nés prématurés et qui peut être responsable d’un handicap visuel ou d’une cécité. Selon des données canadiennes de 2022, 50 % des nouveau-nés venus au monde avant 31 semaines d’âge gestationnel présentent une RdP, et 15 % de ceux qui présentent une RdP ont besoin d’un traitement au laser ou d’injections d’anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire (VEGF; IAV : injection d’anti-VEGF) [1]. Depuis la publication du document de principes de la Société canadienne de pédiatrie en 2016 [2], plusieurs changements sont intervenus, y compris une mise à jour des cibles de saturométrie, une meilleure survie des nouveau-nés à haut risque, de nouveaux outils de téléophtalmologie et l’appui croissant d’une approche de dépistage plus sélective [3]. Les progrès en matière de classification et de traitement et les nouvelles données probantes justifient la présente mise à jour de ce document de principes, qui décrit les critères de dépistage révisés, les nouveaux traitements et des aspects importants qui n’ont pas été évoqués auparavant.
La définition et la classification
La RdP est attribuable au développement incomplet des vaisseaux sanguins de la rétine des nouveau-nés prématurés, notamment ceux qui sont venus au monde à moins de 31 semaines d’âge gestationnel (AG). Elle découle de facteurs comme l’hypoxie ou l’hyperoxie, la dysrégulation du VEGF, l’immaturité de la rétine, l’inflammation et une faible croissance postnatale. La Classification internationale de la rétinopathie du prématuré (ICROP) propose une terminologie standardisée en anglais, qui a été mise à jour en 2021 (ICROP3) [4]. La RdP est classée en fonction de son emplacement sur la rétine (la « zone »), de la gravité de l’atteinte à la jonction vasculaire-avasculaire (le « stade »), de son étendue (les « indices horaires ») et de la présence d’une maladie « plus » ou « pré-plus » (voir la figure 1 et le tableau 1).
La recommandation
- L’ICROP3 est recommandée pour classer et expliquer les observations rétiniennes, de même que pour les inscrire au dossier.
Figure 1. La rétine de l’œil droit et de l’œil gauche

- Schéma de l’OD et de l’OG, qui révèle les bordures des zones et les indices horaires utilisés pour décrire l’emplacement et l’étendue de la RdP. Les cercles continus indiquent les zones I à III et les cercles pointillés, la zone II postérieure (deux diamètres papillaires au-delà de la zone I).
- Dans la macula : La fovéa, une minuscule fossette située au centre de la macula, correspond à la zone où l’acuité visuelle est la plus précise et où la concentration de cônes est maximale. La fovéa procure la netteté visuelle nécessaire pour lire et effectuer des tâches visuelles précises.
- L’ora serrata désigne la jonction périphérique située entre la rétine neurosensorielle et l’épithélium ciliaire non photosensible. Elle marque la limite antérieure de la rétine.
OD œil droit; OG œil gauche; RdP rétinopathie du prématuré
Traduit et adapté avec l’autorisation de la source [4] : Chiang MF, Quinn GE, Fielder AR et coll. International classification of retinopathy of prematurity, third edition. Ophthalmology 2012;128(10):e51-68.
Tableau 1. Classification actualisée de la rétinopathie du prématuré |
Catégorie | Description |
Zones de RdP | - Trois zones rétiniennes autour de la papille optique, déterminées par l’emplacement le plus postérieur de la vascularisation rétinienne ou de la lésion de RdP :
- zone I : Zone la plus postérieure, de la papille optique jusqu’à deux fois la distance entre la papille et la fovéa
- zone II : Zone médiane, de la limite de la zone I jusqu’à l’ora serrata (près du nez) et à un arc défini (temporel)
- zone III : Zone la plus antérieure, qui représente le reste de la rétine périphérique exclue des zones I et II
- La zone postérieure II commence à la bordure des zones I et II et se poursuit dans la zone II, sur une distance de deux diamètres papillaires
- « Encoche » : Incursion localisée de la lésion de RdP sur un ou deux indices horaires, qui s’étend dans une zone plus postérieure que celle de la jonction vasculaire-avasculaire avoisinante
|
Maladie plus et pré-plus | - Plus : Dilatation vasculaire et tortuosité
- Pré-plus : Dilatation vasculaire anormale et tortuosité des vaisseaux rétiniens qui ne répondent pas aux critères de maladie plus
|
Stade de la maladie aiguë | - Stade 1 : Ligne de démarcation à la jonction vasculaire-avasculaire
- Stade 2 : Formation d’un bourrelet
- Stade 3 : Prolifération néovasculaire extrarétinienne ou néovascularisation plate
|
Décollement de la rétine | - Stade 4 : Décollement partiel
- 4A : Fovéa non décollée
- 4B : Fovéa décollée
- Stade 5 : Décollement total
- 5A (papille optique visible)
- 5B (papille optique non visible)
- 5C (stade 5B, auquel s’ajoutent des modifications au segment antérieur)
|
Étendue de la maladie | Mesurée en 12 indices horaires |
Régression | Profils de régression de la RdP (spontanée ou post-thérapeutique) : complète ou incomplète, avec consignation au dossier de la présence d’une rétine périphérique avasculaire |
Réactivation | Réactivation de la RdP (nouvelle lésion de RdP ou modifications vasculaires) après le traitement |
RdP de type 1 [1] | - Tout stade de RdP dans la zone I, avec maladie plus
- RdP de stade 3 dans la zone I, sans maladie plus, conjuguée ou non à
- RdP de stade 2 ou 3 dans la zone II, avec maladie plus
|
RdP de type 2 [5] | - RdP de stade 1 ou 2 dans la zone I, sans maladie plus, conjuguée ou non à
- RdP de stade 3 dans la zone II, sans maladie plus
|
RdP agressive | RdP grave à progression rapide dans la zone I ou la zone II postérieure qui peut également s’étendre au-delà de la région postérieure de la rétine. Peut être observée chez les plus gros nouveau-nés prématurés, particulièrement dans les régions du monde où les ressources de santé sont limitées. |
|
Les personnes à dépister
En plus du poids à la naissance (PN) et de l’AG, le poids postnatal a été étudié pour circonscrire les critères de dépistage de la RdP [6]-[9]. Les modèles fondés sur la prise de poids ont une bonne sensibilité et présentent des rapports de vraisemblance négatifs pour détecter les nouveau-nés à faible risque de RdP nécessitant un traitement [10]. Des outils comme le DIGIROP-Birth [11] et le DIGIROP-Screen [12] font appel à des caractéristiques à la naissance pour orienter les décisions de dépistage.
Dans le cadre de l’étude canadienne SCREENROP [3], l’analyse de 4 888 nouveau-nés (de 2014 à 2016) a révélé que le dépistage de ceux ayant un PN inférieur à 1 200 g ou un AG inférieur à 30 semaines permettait de détecter les nouveau-nés à risque de RdP importante sur le plan clinique avec efficacité, tout en réduisant les examens inutiles. Selon les données du Réseau néonatal canadien colligées entre 2016 et 2022, moins de trois nouveau-nés (sur les 1 341 dont on connaissait les résultats de l’examen oculaire) venus au monde entre 30+0 et 30+6 semaines d’AG à plus de 1 200 grammes avaient reçu un traitement de la RdP. En raison des politiques en matière de confidentialité, les nombres exacts ne sont pas divulgués. Fait important, ces rares cas touchaient des nouveau-nés d’un AG incertain, estimé par la suite à 31 semaines. Les données canadiennes sur les unités de soins intensifs de niveau III ont également confirmé qu’aucun nouveau-né venu au monde à 31 semaines d’AG et à plus de 1 200 grammes n’a reçu de traitement de RdP. Ces résultats appuient une révision potentielle des critères de dépistage de la SCP préconisés en 2016 (moins de 30 semaines et moins de 1 200 grammes). Cependant, l’analyse n’inclut pas les nouveau-nés évalués ou traités exclusivement dans une unité de niveau II ou une clinique ambulatoire. Les personnes qui présentent des antécédents de prématurité ou de RdP, notamment si leur maladie était grave ou a dû être traitée (particulièrement si elles ont été exposées à des IAV), devraient être informées du risque de séquelles oculaires à long terme et de l’importance de poursuivre les soins oculaires à l’âge adulte.
Les recommandations au sujet de l’admissibilité du dépistage
- La SCP recommande désormais de modifier les critères de dépistage de la RdP comme suit :
- Nouveau-nés d’un PN inférieur à 1 200 grammes, quel que soit leur AG
- Nouveau-nés d’un AG inférieur à 30+0 semaines, quel que soit leur PN
- Nouveau-nés prématurés ayant reçu des soins anténatals limités ou dont l’AG est incertain, mais est estimé à moins de 31 semaines selon l’échelle de Ballard (compte tenu de la marge d’erreur)
- Nouveau-nés plus matures (de 30 à 31+6 semaines d’AG à la naissance) à risque de RdP :
- Faible vélocité de croissance à quatre semaines de vie, définie comme inférieure à 20 g/jour après la première semaine d’âge postnatal (différence entre le poids au 28e jour et celui au septième jour, divisée par 21 jours, inférieure à 20 g/jour), quel que soit le PN ou la taille par rapport à l’AG
- Évolution clinique instable (nouveau-nés exposés à des inotropes, à des vasopresseurs ou à ces deux catégories de médicament) OU
- Présence de ventriculomégalie cérébrale, définie comme la largeur de la corne antérieure ou un indice ventriculaire de plus de deux écarts-types au-dessus de la moyenne pour l’AG [13]
Le calendrier de l’examen de dépistage
Le calendrier devrait viser à détecter rapidement les nouveau-nés qui ont besoin d’être traités tout en limitant les examens chez les nouveau-nés à faible risque. Puisque la RdP se développe plus tard chez les nouveau-nés les plus immatures, le moment du premier examen devrait reposer sur l’âge postmenstruel. Les calendriers proposés (voir le tableau 2) sont créés d’après les études cliniques [14]-[16], et les données limitées disponibles chez les nouveau-nés de moins de 26 semaines d’AG laissent supposer qu’une RdP importante se déclare généralement après 31 semaines d’âge postmenstruel (c’est-à-dire l’AG à la naissance, auquel on ajoute l’âge chronologique après la naissance) [17][18]. Un examen de référence effectué avant le traitement contribue à évaluer l’évolution de la maladie et permet aux familles et aux équipes soignantes de se préparer. D’après des données corroboratives du Réseau néonatal canadien recueillies entre 2016 et 2022 et l’absence de nouvelles données probantes, le moment du premier examen n’a pas changé depuis les directives de la SCP de 2016 [2]. L’ophtalmologiste devrait déterminer l’intervalle des examens de suivi conformément au tableau 3, qui repose sur les recommandations antérieures [2].
Tableau 2. Moment du premier examen de dépistage de la rétinopathie du prématuré |
Âge gestationnel à la naissance, en semaines | Âge au premier examen, en semaines |
Âge postmenstruel, en semaines | Âge chronologique, en semaines |
22 | 31 | 9 |
23 | 31 | 8 |
24 | 31 | 7 |
25 | 31 | 6 |
26 | 31 | 5 |
27 | 31 | 4 |
28 | 32 | 4 |
29 | 33 | 4 |
≥30 | ≥34 | 4 |
Tableau 3. Calendrier de suivi suggéré pour dépister la rétinopathie du prématuré et en définir les types |
Suivi | Indications |
≤1 semaine | - Vascularisation immature, zone I – sans RdP
- Rétine immature jusque dans la zone II postérieure, près de la bordure de la zone I
- RdP de stade 1 ou 2, sans maladie plus, zone I
- RdP de stade 3, sans maladie plus, zone II
- RdP agressive réelle ou présumée
- Incapacité de déterminer la zone à cause d’une vue floue
|
De 1 à 2 semaines | - Vascularisation immature, zone II postérieure
- RdP de stade 2, sans maladie plus, zone II
|
2 semaines | - Vascularisation immature, zone II – sans RdP
- RdP de stade 1, sans maladie plus, zone II
- RdP régressive, zone II
|
De 2 à 3 semaines | - RdP de stade 1 ou 2, sans maladie plus, zone III
- RdP régressive, zone III
|
Fin du dépistage | - Vascularisation dans la zone III, sans RdP antérieure de la zone I ou II
- Vascularisation rétinienne complète à 360°, très près de l’ora serrata
- Âge postmenstruel d’au moins 50 semaines, sans RdP de type 1 (ou plus grave)
- Régression de la RdP sans tissu vasculaire anormal susceptible de réactivation ou de progression dans la zone II ou III
- Suivi prolongé des nouveau-nés qui reçoivent une thérapie anti-VEGF en raison du risque de réactivation tardive de la maladie
|
La téléophtalmologie
En général, le dépistage de la RdP par téléophtalmologie désigne l’obtention d’une image de la rétine par caméra rétinienne et l’analyse diagnostique à distance des images par un ophtalmologiste d’un centre spécialisé. Ainsi, les nouveau-nés peuvent être soignés dans un centre de niveau II peut-être situé plus près de chez eux, selon une approche adoptée avec succès dans divers milieux [19]-[21]. La caméra ne saisit toutefois pas toujours avec une grande précision la rétine périphérique à proximité de l’ora serrata (voir la figure 1). Bien que cette stratégie semble rentable en contexte nord-américain, des études plus approfondies devront être réalisées pour évaluer si elle l’est dans divers milieux de soins canadiens [22][23].
Les recommandations relatives au dépistage de la rétinopathie du prématuré
- Il faut planifier un premier dépistage au moment de l’admission ou à quatre semaines de vie pour éviter les retards et ne pas omettre des nouveau-nés admissibles. L’ophtalmologiste doit déterminer les dépistages de suivi en consultation avec le personnel néonatal, et en planifier les moments en fonction du risque d’évolution vers un stade soignable. Les familles doivent être avisées des dates de suivi prévues.
- Des professionnels formés, en mesure de fournir des mesures de confort, d’administrer des gouttes de dilatation, de maintenir le champ stérile et d’effectuer les évaluations, doivent assumer la responsabilité du dépistage de la RdP avec l’appui d’un ophtalmologiste pédiatre, que ce soit en personne ou par télémédecine.
- Les résultats de tous les examens de dépistage doivent être consignés au dossier et transmis rapidement aux parents du nouveau-né et à son équipe soignante.
- Un programme de dépistage régional de la RdP par téléophtalmologie peut être envisagé, pourvu que les ressources suivantes soient en place [20][21] :
- Disponibilité de prestataires de soins de première ligne (p. ex., néonatologistes, pédiatres, ophtalmologistes non pédiatres ou prestataires d’autres disciplines) formés pour saisir les images rétiniennes aux moments prévus du dépistage, à l’aide d’équipement approprié [24]
- Ressources consacrées à la formation des prestataires de soins, à l’acquisition et à l’entretien de l’équipement ainsi qu’à la création d’un système de transfert sécuritaire des données
- Cadre sécurisé pour détecter les cas, prévoir le moment des évaluations et garantir un accès soutenu, doté d’un système de relève intégré reposant sur deux personnes formées dans chaque centre
L’exécution du dépistage et la promotion du confort
Les examens de la rétine doivent être effectués après une dilatation pupillaire, à l’aide d’instruments stériles. Il est important d’utiliser les gouttes de dilatation de manière judicieuse en raison de leurs effets secondaires cardiaques (bradycardie, tachycardie, hypertension) et gastro-intestinaux (intolérance alimentaire, régurgitations, vidange gastrique tardive). De petites doses de phényléphrine 0,5 % et de cyclopentolate 0,1 % sont efficaces pour bien dilater la pupille des nouveau-nés [25] et peuvent réduire les effets indésirables. Un seul examen peut suffire, mais seulement s’il démontre avec certitude que la rétine est pleinement vascularisée dans les deux yeux.
Le document de principes de la SCP intitulé La gestion de la douleur chez les nouveau-nés : une approche multidimensionnelle recommande des solutions sucrées, la tétée non nutritive, l’emmaillotage et la présence ou la voix des parents comme mesures de confort pendant le dépistage de la RdP. Les études ont démontré que l’acétaminophène [26] ou le fentanyl par voie intranasale [27] peuvent également contribuer à réduire la douleur liée à l’examen, mais les données sont insuffisantes pour en recommander l’administration systématique. La musicothérapie, telle que l’enregistrement des battements du cœur de la mère ou de ses chansons, peut également atténuer la détresse du nouveau-né et favoriser la récupération [28]. Les cliniciens devraient savoir que les examens de la RdP peuvent provoquer une instabilité cardiorespiratoire transitoire (p. ex., bradycardie, apnée, désaturations) et un retard de la vidange gastrique [29]. La présence d’un parent ou d’un autre membre du personnel en plus de l’examinateur pour réconforter le nouveau-né, qui crée une approche de soins à quatre mains, peut réduire encore davantage le stress du nouveau-né. Les soins à quatre mains désignent le soignant supplémentaire (parent, infirmière ou membre du personnel) qui réconforte le nouveau-né, le contient et lui offre un apaisement non pharmacologique.
Les recommandations relatives au confort pendant le dépistage et les soins de la RdP
- Il faut administrer les anesthésiques topiques ainsi que les collyres mydriatiques et cycloplégiques avant le dépistage ou le traitement de la RdP pour dilater les pupilles et accroître le confort. Lorsqu’elles sont disponibles, des formulations de faible concentration peuvent être favorisées pour réduire les effets secondaires systémiques [30][31].
- Il faut utiliser des mesures non pharmacologiques, y compris, entre autres, la présence des parents, l’emmaillotage, la sucette « sucrée » par du lait maternel ou du sucrose, les soins à quatre mains et la musicothérapie. Le contact peau-à-peau, les caresses légères ou l’enlacement du nouveau-né pendant la période qui entoure l’examen peuvent être envisagés en fonction du confort de la famille et de l’examinateur. Selon le document de principes de la SCP intitulé Les soins peau-à-peau chez les nourrissons à terme et prématurés, ce type de soins soulage la douleur causée par les interventions chez les nouveau-nés prématurés, notamment lorsqu’ils sont combinés à l’allaitement.
- L’alimentation du nouveau-né en soins intensifs une heure avant l’examen de la RdP, plutôt que l’interruption des boires pendant au moins deux heures, peut contribuer à réduire le stress et à améliorer la stabilité physiologique pendant l’intervention [32].
- L’acétaminophène (de 10 mg/kg à 15 mg/kg, administrés de 30 à 60 minutes avant l’examen de la RdP) peut procurer un léger soulagement de la douleur, même si les données probantes pour justifier cette recommandation sont limitées. Plutôt que d’être administré systématiquement, l’acétaminophène doit être réservé aux nouveau-nés qui ont déjà fait preuve de détresse marquée pendant les examens.
- Une faible dose de fentanyl par voie intranasale (1 mcg/kg) peut être envisagée dans des cas particuliers, tels que chez les nouveau-nés prédisposés à l’instabilité ou chez qui on anticipe un inconfort marqué pendant l’examen.
La prévention de la rétinopathie du prématuré
La prévention de la RdP commence en soins intensifs par des stratégies comme l’optimisation de l’alimentation et de la croissance postnatale, par le maintien des cibles de saturométrie entre 90 % et 95 % [33][34] et par l’atténuation des épisodes d’hypoxémie intermittente [35]. Selon les données probantes, tant l’hyperoxie précoce que les fluctuations tardives de l’oxygénation sont associées à un accroissement du risque de RdP. De nouvelles études appuient les stratégies d’oxygénation individuelles en cas de RdP établie, afin d’en réduire l’évolution [36][37]. La prévention de la RdP doit également tenir compte de facteurs systémiques modifiables, y compris la stabilisation en salle d’accouchement, les cibles d’oxygénation optimales et des pratiques uniformes entre les unités, en plus de stratégies nutritionnelles et respiratoires.
Le traitement de la rétinopathie du prématuré
Le traitement de la RdP vise à juguler la prolifération vasculaire anormale responsable du décollement de la rétine et de la cécité. L’hyperoxie extra-utérine supprime le VEGF rétinien, ce qui interrompt la croissance des vaisseaux et provoque l’avascularité de la rétine. L’ischémie qui s’ensuit déclenche un excès de VEGF et une angiogenèse pathologique en cas de RdP. Un traitement au laser réduit la production de VEGF par ablation de la rétine avasculaire, tandis que les IAV bloquent directement l’activité du VEGF. Les décisions thérapeutiques, qui dépendent de l’évolution de la maladie, du type de RdP, de la stabilité du nouveau-né et des ressources disponibles, peuvent entraîner un transfert vers un centre de niveau III pour assurer l’accès aux compétences nécessaires. Les praticiens devraient soupeser les risques et avantages potentiels, y compris l’absorption systémique et la réactivation de la RdP, et travailler en étroite collaboration avec les familles.
Les traitements au laser et les injections d’anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire
Un traitement au laser (ou photocoagulation au laser) quasi-confluent réalisé rapidement demeure hautement efficace en cas de grave RdP aiguë, en favorise la régression et prévient le décollement de la rétine [38]. Les IAV sont utilisées depuis près de vingt ans comme traitement primaire, traitement de rattrapage après l’échec du laser ou traitement complémentaire dans les cas graves. De multiples études réalisées depuis 2011 en ont confirmé l’efficacité pour le traitement de la RdP aiguë [39]-[41].
Les avantages potentiels des injections d’anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire
Le laser détruit la rétine avasculaire périphérique par ablation, tandis que les IAV entraînent la régression de la RdP sans détruire les tissus et favorisent une vascularisation périphérique continue, malgré une maladie postérieure grave. Un risque de réactivation de la RdP demeure tandis que les concentrations d’anti-VEGF diminuent. Les données de suivi sur dix ans tirées de l’étude CRYO-ROP ont démontré une réduction petite, mais mesurable, des champs visuels périphériques chez les patients qui ont reçu un traitement au laser par rapport à ceux dont la RdP s’est résorbée spontanément [42]. Même si on ne possède pas de données comparatives à long terme sur les champs visuels après un traitement au laser et une IAV, la capacité de l’IAV à promouvoir la vascularisation rétinienne est prometteuse. Les études laissent croire à de plus faibles taux de myopie [43] et de perturbations de la fonction binoculaire [44] après une IAV qu’après un traitement au laser. En général, le traitement au laser est effectué sous anesthésie générale avec intubation, tandis que l’IAV peut souvent être administrée au chevet du patient sous analgésie topique et systémique légère (fentanyl par voie intranasale, morphine par voie sous-cutanée, acétaminophène ou faible dose d’analgésique par voie intraveineuse). Ces facteurs, y compris les risques de l’anesthésie, doivent être abordés avec les familles au moment de sélectionner la meilleure approche thérapeutique, particulièrement lorsque l’AG, le transport ou l’intubation peut poser des risques supplémentaires.
Les complications potentielles des injections d’anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire
Les injections intravitréennes sont associées à un risque d’endophtalmie et de lésion aux structures intraoculaires, lesquelles peuvent être responsables d’une perte de vision permanente. L’IAV ne devrait être exécutée que par des ophtalmologistes expérimentés qui maîtrisent parfaitement l’anatomie oculaire particulière des nouveau-nés prématurés, selon une technique aseptique.
La surveillance après les injections d’anti-facteur de croissance de l’endothélium vasculaire
Les nouveau-nés traités par IAV ont besoin d’un plan de suivi clair et coordonné, souvent assorti d’une surveillance plus fréquente et prolongée que ceux qui ont seulement reçu un traitement au laser. Il incombe à l’ophtalmologiste expérimenté en RdP de surveiller la réactivation de la RdP ou la présence d’une avascularité persistante de la rétine, ainsi que d’entreprendre de nouveaux traitements. Une étude canadienne récente sur 238 yeux traités au bévacizumab (une IAV) a révélé un taux de reprise du traitement de 27 %, surtout en raison d’une avascularité persistante de la rétine [45]. Ces résultats démontrent l’importance d’un suivi individuel et, dans certains cas, d’un traitement au laser pour réduire les risques à long terme, ce qui fait ressortir l’importance d’une surveillance personnalisée et de décisions communes. Si le congé des soins intensifs est lié à un transfert des soins, ce transfert doit être officiellement dirigé vers un ophtalmologiste qui possède les compétences nécessaires et l’accès à l’infrastructure appropriée. Le suivi à long terme doit inclure des évaluations approfondies de la fonction visuelle, y compris la réfraction, la motilité oculaire, la vision binoculaire et la structure rétinienne, lesquelles peuvent, dans certains cas, exiger une anesthésie générale ou une angiographie rétinienne.
Les risques pour les nouveau-nés
Étant donné l’absence de données définitives sur les effets systémiques de l’IAV chez les nouveau-nés prématurés, il est essentiel d’informer les proches des connaissances limitées sur l’innocuité de ce traitement à long terme. Plusieurs études ont démontré que l’IAV peut réduire les taux de VEGF en circulation, ce qui soulève des inquiétudes quant à ses effets potentiels sur les organes en développement [46]. Ces risques doivent être indiqués clairement. Des recherches en cours portent d’ailleurs activement sur cet enjeu important.
Les recommandations relatives au traitement
- Un traitement est recommandé dans les 48 à 72 heures en cas de « RdP de type 1 » (parfois désignée par « RdP préseuil à haut risque ») et de RdP agressive (voir le tableau 1). La RdP de type 2 doit être associée à une surveillance étroite et personnalisée.
- Une intervention chirurgicale peut être envisagée pour favoriser le rattachement de la rétine et préserver la vision lorsque la RdP évolue jusqu’au stade 4 ou 5 (décollement partiel ou total).
- Les familles doivent participer aux décisions thérapeutiques, ce qui inclut des échanges sur les avantages, les risques et les incertitudes liées à l’utilisation du traitement au laser et à l’IAV, tout en tenant compte des ressources locales et des effets potentiels à long terme.
Les critères d’arrêt et le suivi après le congé
Les nouveau-nés prématurés dont la RdP a régressé, que ce soit spontanément ou après un traitement, demeurent vulnérables à des séquelles ophtalmiques comme les erreurs de réfraction, l’amblyopie et le strabisme. Ces affections sont des causes évitables et soignables de handicap visuel à long terme, qui peuvent être dépistées grâce à un suivi régulier assuré par des prestataires de soins oculaires habitués à évaluer les nourrissons et les jeunes enfants.
Il est possible de mettre un terme au dépistage de la RdP aiguë chez les nourrissons qui n’ont jamais contracté de RdP ou dont la RdP a régressé spontanément sans être traitée. Cependant, il reste important de procéder à un examen approfondi auprès de tous les nourrissons de six à neuf mois d’âge corrigé qui respectent les critères de dépistage de la RdP [47][48]. Si aucune anomalie n’est détectée, le suivi supplémentaire doit être conforme aux directives de soins pédiatriques, y compris l’évaluation de la vision et des yeux vers trois ans d’âge corrigé. Les séquelles à long terme de la RdP incluent le décollement tardif de la rétine, l’avascularité périphérique persistante de la rétine, les anomalies maculaires, les modifications vasculaires continues de la rétine et le glaucome. Par conséquent, il importe de planifier un suivi à long terme après la première enfance en collaboration avec des ophtalmologistes, et les évaluations périodiques doivent se poursuivre tout au long de la petite enfance et de l’âge scolaire.
Les recommandations relatives à l’éducation des parents, au suivi et aux considérations générales en matière de soins
- Il faut expliquer la RdP aux familles et aux proches, y compris ses risques et ses résultats cliniques, de même que le risque de handicap visuel ou de cécité, et souligner l’importance des dépistages réguliers, des interventions rapides et de l’adhésion au suivi par les familles, les proches et l’équipe de soins primaires.
- Pour éviter que les familles omettent des rendez-vous de suivi de la RdP, il faut assurer une éducation rapide et continue des proches et des prestataires de soins au sujet de l’importance d’adhérer aux soins ophtalmologiques après le congé.
- Lorsqu’une RdP aiguë a régressé, il n’est plus nécessaire de procéder aux examens réguliers de la rétine avec indentation sclérale, sauf si la situation clinique indique autre chose.
- Après le congé des soins intensifs, le clinicien qui procède au dernier examen de la RdP doit mettre sur pied un plan de suivi oculaire et le communiquer clairement à la fois aux proches et au personnel des soins intensifs.
- Il est recommandé de procéder à une évaluation ophtalmologique approfondie entre six et neuf mois d’âge corrigé chez tous les nourrissons qui répondaient aux critères de dépistage de la RdP, y compris l’évaluation de l’acuité visuelle adaptée à l’âge, l’évaluation de la motilité oculaire, la mesure de la réfaction sous cycloplégie et l’examen du fond d’œil après dilatation pupillaire.
- Les unités où le dépistage de la RdP est effectué doivent participer à des initiatives d’assurance de la qualité liées à la prévention, au dépistage et aux pratiques thérapeutiques de la RdP, de même que s’assurer de la compétence du personnel à cet égard.
- Il faut préconiser la création de registres nationaux pour assurer la surveillance continue des pratiques à l’égard de la RdP et des résultats de ces pratiques, car environ 50 % des nouveau-nés venus au monde à moins de 31 semaines d’âge gestationnel présentent l’un ou l’autre des stades de la RdP, et 7 % ont besoin d’être traités.
- Ces recommandations doivent être adaptées aux ressources locales disponibles, y compris l’accès au personnel formé et aux ophtalmologistes pédiatres, et inclure des stratégies de communication afin de soutenir et d’informer les familles tout en limitant leur anxiété.
Remerciements
Les auteurs tiennent à remercier la docteure Ann Jefferies qui a révisé le contenu du présent document de principes, formulé des suggestions et proposé des modifications. Ils tiennent également à remercier le Réseau néonatal canadien qui leur a fourni les données de 2016 à 2022. Le comité directeur de la section de la médecine néonatale et périnatale, le comité de la pédiatrie communautaire et le comité de la pharmacologie de la Société canadienne de pédiatrie ont révisé le présent document de principes, de même que des représentants de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en néonatologie, de l’Association canadienne d’ophtalmologie pédiatrique et de strabisme et de la Société canadienne de la rétine.
COMITÉ D’ÉTUDE DU FŒTUS ET DU NOUVEAU-NÉ DE LA SOCIÉTÉ CANADIENNE DE PÉDIATRIE (2024-2025)
Membres : Souvik Mitra MD M.Sc. (président), Michael Narvey MD (président sortant), Sidd Thakore MD (représentant du conseil), Gabriel Altit MD, Nicole Radziminski MD, Emer Finan MB, Mireille Guillot MD, Meghan Gibbery (membre résidente), Sarah Lawrence MD
Représentants : William Ehman MD (Le Collège des médecins de famille du Canada), Chantal Nelson (Agence de santé publique du Canada), Eric Eichenwald MD (American Academy of Pediatrics, comité d’étude du fœtus et du nouveau-né), R. Douglas Wilson MD (La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada), Isabelle Milette, inf., M. Sc. inf., IPSNN (Association canadienne des infirmières et infirmiers en néonatologie), Deepak Manhas MD (section de la médecine néonatale et périnatale de la SCP)
Auteurs principaux : Gabriel Altit MD, Marc Beltempo MD, Philippe Lamer IPSNN, Nasrin Najm-Tehrani MB BCh M. Sc.
Financement
Aucun financement n’a été accordé pour la préparation du présent manuscrit.
Conflits d’intérêts potentiels
Le docteur Altit détient une bourse de chercheur clinicien junior 1 du Fonds de recherche du Québec – secteur santé et a également reçu des subventions approuvées par des pairs de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants et de la Fondation de la recherche pédiatrique. Le site Web NeoCardioLab, qui est la plateforme du docteur Altit, a reçu une subvention sans restrictions de Mallinckrodt Pharmaceuticals. Les autres auteurs n’ont aucuns conflits d’intérêts à déclarer. Ils ont tous remis le formulaire de divulgation des conflits d’intérêts potentiels de l’International Committee of Medical Journal Editors.
Références
- Canadian Neonatal Network/Le Réseau néonatal canadien. Annual Report/Rapport annuel; 2022. Presentation 23: Retinopathy of prematurity treatments: GA <33 weeks (consulté le 23 juin 2026).
- Jefferies AL; Société canadienne de pédiatrie, comité d’étude du fœtus et du nouveau-né. La rétinopathie du prématuré : mise à jour sur le dépistage et la prise en charge. Paediatr Child Health 2016;21(2):105-8. doi : 10.1093/pch/21.2.105
- Sabri K, Shivananda S, Farrokhyar F et coll. Refining evidence-based retinopathy of prematurity screening guidelines: The SCREENROP study. Paediatr Child Health 2019;25(7):455-66. doi : 10.1093/pch/pxz085. Corrigendum in Paediatr Child Health 2021;26(7):444. doi : 10.1093/pch/pxab065
- Chiang MF, Quinn GE, Fielder AR et coll. International classification of retinopathy of prematurity, third edition. Ophthalmology 2021;128(10):e51-e68. doi : 10.1016/j.ophtha.2021.05.031
- Early Treatment for Retinopathy of Prematurity Cooperative Group. Revised indications for the treatment of retinopathy of prematurity: Results of the early treatment for retinopathy of prematurity randomized trial. Arch Ophthalmol 2003;121(12):1684-94. doi : 10.1001/archopht.121.12.1684
- Binenbaum G, Bell EF, Donohue P et coll. Development of modified screening criteria for retinopathy of prematurity: Primary results from the Postnatal Growth and Retinopathy of Prematurity Study. JAMA Ophthalmol 2018;136(9):1034-40. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2018.2753
- Quinn GE, Ying GS, Bell EF et coll. Incidence and early course of retinopathy of prematurity: Secondary analysis of the Postnatal Growth and Retinopathy of Prematurity (G-ROP) Study. JAMA Ophthalmol 2018;136(12):1383-9. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2018.4290
- Binenbaum G. Retinopathy of prematurity screening—Asking the proper question. JAMA Ophthalmol 2023:141(8):725-6. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2023.2782
- Zupancic JAF, Ying GS, de Alba Campomanes A et coll. Evaluation of the economic impact of modified screening criteria for retinopathy of prematurity from the Postnatal Growth and ROP (G-ROP) study. J Perinatol 2020;40(7):1100-8. doi : 10.1038/s41372-020-0605-5
- Athikarisamy S, Desai S, Patole S et coll. The use of postnatal weight gain algorithms to predict severe or type 1 retinopathy of prematurity: A systematic review and meta-analysis. JAMA Netw Open 2021;4(11):e2135879. doi : 10.1001/jamanetworkopen.2021.35879
- Pivodic A, Hård A-L, Löfqvist C et coll. Individual risk prediction for sight-threatening retinopathy of prematurity using birth characteristics. JAMA Ophthalmol 2020;138(1):21-9. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2019.4502
- Pivodic A, Johansson H, Smith LEH et coll. Development and validation of a new clinical decision support tool to optimize screening for retinopathy of prematurity. Br J Ophthalmol 2022;106(11):1573-80. doi : 10.1136/bjophthalmol-2020-318719
- El-Dib M, Limbrick DD, Inder T et coll. Management of post-hemorrhagic ventricular dilatation in the infant born preterm. J Pediatr 2020;226:16-27.e13. doi : 10.1016/j.jpeds.2020.07.079
- Reynolds JD, Dobson V, Quinn GE et coll. Evidence-based screening criteria for retinopathy of prematurity: Natural history data from the CRYO-ROP and LIGHT-ROP studies. Arch Ophthalmol 2002;120(11):1470-6. doi : 10.1001/archopht.120.11.1470
- Cryotherapy for Retinopathy of Prematurity Cooperative Group. Multicenter trial of cryotherapy for retinopathy of prematurity. Three-month outcome. Arch Ophthalmol 1990;108(2):195–204. doi : 10.1001/archopht.1990.01070040047029
- Kennedy KA, Wrage LA, Higgins RD et coll. Evaluating retinopathy of prematurity screening guidelines for 24- to 27-week gestational age infants. J Perinatol 2014;34(4):311-8. doi : 10.1038/jp.2014.12
- Austeng D, Källen KBM, Hellström A et coll. Natural history of retinopathy of prematurity in infants born before 27 weeks’ gestation in Sweden. Arch Ophthalmol 2010;128(10):1289-94. doi : 10.1001/archophthalmol.2010.234
- Austeng D, Källen KB, Hellström A et coll. Screening for retinopathy of prematurity in infants born before 27 weeks’ gestation in Sweden. Arch Ophthalmol 2011;129(2):167-72. doi : 10.1001/archophthalmol.2010.346
- Solebo AL, Teoh L, Sargent J, Rahi JS; groupe d’intérêt de l’étude britannique sur le handicap visuel et la cécité. Avoidable childhood blindness in a high-income country: Findings from the British Childhood Visual Impairment and Blindness Study 2. Br J Ophthalmol 2023;107(12):1787-92. doi : 10.1136/bjo-2022-321718
- Abdul Aziz AA, Isaac M, Tehrani NN. Using telemedicine to screen for retinopathy of prematurity. CMAJ 2014186(13):1012-4. doi : 10.1503/cmaj.131357
- Tehrani NN. Telemedicine screening for retinopathy of prematurity (ROP): Three years experience in Ontario, Canada. Investig Ophthalmol Visual Sci 2012;53(14):5881.
- Jackson KM, Scott KE, Graff Zivin J et coll. Cost-utility analysis of telemedicine and ophthalmoscopy for retinopathy of prematurity management. Arch Ophthalmol 2008;126(4):493-9. doi : 10.1001/archopht.126.4.493
- Isaac M, Isaranuwatchai W, Tehrani NN. Cost analysis of remote telemedicine screening for retinopathy of prematurity. Can J Ophthalmol 2018;53(2):162-7. doi : 10.1016/j.jcjo.2017.08.018
- Quinn GE, Ying GS, Daniel E et coll. Validity of a telemedicine system for the evaluation of acute-phase retinopathy of prematurity. JAMA Ophthalmol 2014;132(10):1178-84. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2014.1604
- Kremer LJ, Medlicott N, Sime MJ et coll. Low dose or very low dose phenylephrine and cyclopentolate microdrops for retinopathy of prematurity eye examinations (The Little Eye Drop Study): A randomised controlled non-inferiority trial. Arch Dis Child Fetal Neonatal Ed 2023;108(4):380-6. doi : 10.1136/archdischild-2022-324929
- Kabataş EU, Dursun A, Beken S et coll. Efficacy of single dose oral paracetamol in reducing pain during examination for retinopathy of prematurity: A blinded randomized controlled trial. Indian J Pediatr 2016;83(1):22-6. doi : 10.1007/s12098-015-1765-8
- Naik A, D’Lima A, Sreekumar K, Silveira MP. Efficacy of expressed breast milk alone or in combination with paracetamol in reducing pain during ROP screening: A randomized controlled trial. J Clin Neonatol 2021;10(2):73-8. doi : 10.4103/jcn.jcn_198_20
- Corrigan MJ, Keeler JR, Miller HD et coll. Music therapy and retinopathy of prematurity screening: Using recorded maternal singing and heartbeat for post exam recovery. J Perinatol 2020;40(12):1780-8. doi : 10.1038/s41372-020-0719-9
- Tan JBC, Dunbar J, Hopper A et coll. Differential effects of the retinopathy of prematurity exam on the physiology of premature infants. J Perinatol 2019;39(5):708-16. doi : 10.1038/s41372-019-0331-z
- Alselaimy R, Al Tawil L, Abouammoh MA. Anesthesia in retinopathy of prematurity. Saudi J Ophthalmol 2022;36(3):251-9. doi : 10.4103/sjopt.sjopt_229_21
- Marsh VA, Young WO, Dunaway KK et coll. Efficacy of topical anesthetics to reduce pain in premature infants during eye examinations for retinopathy of prematurity. Ann Pharmacother 2005;39(5):829-33. doi : 10.1345/aph.1E476
- Strube YNJ, Bakal JA, Arthur BW. Relationship between feeding schedules and gastric distress during retinopathy of prematurity screening eye examinations. J AAPOS 2010;14(4):334-9. doi : 10.1016/j.jaapos.2010.05.008
- Askie LM, Darlow BA, Davis PG et coll. Effects of targeting lower versus higher arterial oxygen saturations on death or disability in preterm infants. Cochrane Database Syst Rev 2017;4(4):CD011190. doi : 10.1002/14651858.CD011190.pub2
- Moreton RBR, Fleck BW, Fielder AR et coll. The effect of oxygen saturation targeting on retinal blood vessel growth using retinal image data from the BOOST-II UK Trial. Eye (Lond) 2016;30(4):577-81. doi : 10.1038/eye.2015.280
- Di Fiore JM, Bloom JN, Orge F et coll. A higher incidence of intermittent hypoxemic episodes is associated with severe retinopathy of prematurity. J Pediatr 2010;157(1):69–73. doi : 10.1016/j.jpeds.2010.01.046
- Cayabyab R, Arora V, Wertheimer F et coll. Graded oxygen saturation targets and retinopathy of prematurity in extremely preterm infants. Pediatr Res 2016;80(3):401-6. doi : 10.1038/pr.2016.98
- Minturn R, Hartigan K, Vegunta S et coll. Efficacy of supplemental oxygen in reducing the need for laser or intravitreal bevacizumab in preterm infants with stage 2 retinopathy of prematurity. BMC Ophthalmol 2024;24(1):220. doi : 10.1186/s12886-024-03483-w
- Emami S, Isaac M, Mireskandari K, Tehrani NN. Laser treatment for retinopathy of prematurity: A decade since ETROP. Ophthalmology 2019;126(4):639-41. doi : 10.1016/j.ophtha.2018.12.012
- Mintz-Hittner HA, Kennedy KA, Chuang AZ; groupe coopératif BEAT-ROP. Efficacy of intravitreal bevacizumab for stage 3+ retinopathy of prematurity. N Engl J Med 2011;364(7):603-15.doi : 10.1056/NEJMoa1007374
- Stahl A, Lepore D, Fielder A et coll. Ranibizumab versus laser therapy for the treatment of very low birthweight infants with retinopathy of prematurity (RAINBOW): An open-label randomised controlled trial. Lancet 2019;394(10208):1551-9. doi : 10.1016/S0140-6736(19)31344-3
- Stahl A, Sukgen EA, Wu WC et coll. Effect of intravitreal aflibercept vs laser photocoagulation on treatment success of retinopathy of prematurity: The FIREFLEYE randomized clinical trial. JAMA 2022;328(4):348-59.
- Quinn GE, Dobson V, Hardy RJ et coll. Visual fields measured with double-arc perimetry in eyes with threshold retinopathy of prematurity from the cryotherapy for retinopathy of prematurity trial. The CRYO-Retinopathy of Prematurity Cooperative Group. Ophthalmology 1996;103(9):1432-7. doi : 10.1016/s0161-6420(96)30487-9
- Geloneck MM, Chuang AZ, Clark WL et coll. Refractive outcomes following bevacizumab monotherapy compared with conventional laser treatment: A randomized clinical trial. JAMA Ophthalmol 2014132(11):1327-33. doi : 10.1001/jamaophthalmol.2014.2772
- Manuchian S, Mireskandari K, Tehrani NN et coll. Binocularity outcomes following treatment for retinopathy of prematurity. Can J Ophthalmol 2021;56(3):179-83. doi : 10.1016/j.jcjo.2020.10.007
- Isaac M, Mireskandari K, Kertes PJ, Tehrani NN. Follow-up algorithm after bevacizumab treatment for retinopathy of prematurity. Ophthalmol Retina 2025;9(7):709-11. doi : 10.1016/j.oret.2025.02.010
- Chawla D, Darlow BA. Anti-vascular endothelial growth factor preparations in the treatment of retinopathy of prematurity: Balancing risks and benefits. Indian Pediatr 2016;53(Suppl 2):S129-36.
- Fierson WM; American Academy of Pediatrics, section de l’ophtalmologie, American Academy of Ophthalmology, American Association for Pediatric Ophthalmology and Strabismus, American Association of Certified Othoptists. Screening examination of premature infants for retinopathy of prematurity. Pediatrics 2018;142(6):e20283061. doi : 10.1542/peds.2018-3061
- Hutchinson AK, Morse CL, Hercinovic A et coll. Pediatric eye evaluations preferred practice pattern. Ophthalmology 2023:130(3):P222-70. doi : 10.1016/j.ophtha.2022.10.030
Avertissement : Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes. Les adresses Internet sont à jour au moment de la publication.