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Les Questions-reponses avec PCH - Audrea Chen

Affiché le 26 octobre 2026 par la Société canadienne de pédiatrie | Permalink

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Les Questions-réponses avec PCH présentent des entretiens avec des membres de la rédaction de la revue, des auteurs et plusieurs autres personnes. Dans cette édition, nous nous sommes entretenus avec la Dre Audrea Chen, autrice principale de l’article Streamlining Kawasaki disease care: a quality improvement initiative to safely reduce length of stay, publié dans Paediatrics & Child Health. Visionnez l’entretien intégral sur la chaîne YouTube de la SCP.

Quel est l’objectif principal de l’étude et en quoi est-elle pertinente pour les pédiatres et professionnels de la santé partout au Canada?

Notre étude visait principalement à simplifier les soins aux enfants atteints de la maladie de Kawasaki (MK) afin qu’ils puissent passer moins de temps à l’hôpital, et ce, en toute sécurité. La MK est une affection aiguë d’apparition soudaine qui provoque de la fièvre et une inflammation des vaisseaux sanguins. Elle constitue la principale cause de cardiopathie acquise chez les enfants dans le monde. Pour atteindre notre objectif, nous avons créé une trajectoire clinique standardisée pour les patients atteints de la MK, couvrant toutes les étapes, de l’admission au congé de l’hôpital.

Ce projet répond à une priorité importante, puisque l’établissement où il a été réalisé enregistrait environ 100 hospitalisations par année en raison de cette maladie. De plus, nos unités de soins pédiatriques fonctionnaient constamment à plus de 100 % de leur capacité. Les hospitalisations liées à la MK mobilisent également énormément de ressources, tant chez les professionnels de la santé que dans l’ensemble du système de santé. Le traitement de la MK coûte plus de six fois plus cher que celui des autres affections aiguës entraînant l’hospitalisation d’enfants. Ces coûts accrus sont principalement attribuables aux séjours prolongés à l’hôpital, à l’attente des examens et aux consultations auprès de surspécialistes.

Pour les familles, un diagnostic de MK constitue souvent une expérience soudaine et éprouvante. Il s’agit fréquemment du premier contact de l’enfant avec le système de santé, et celui-ci doit alors séjourner dans un milieu inconnu tout en subissant de nombreux examens et traitements. Comparativement aux familles dont l’enfant est hospitalisé pour d’autres affections pédiatriques, comme une bronchiolite ou une pneumonie, les familles touchées par la MK déclarent ressentir beaucoup plus d’anxiété et avoir une moins bonne qualité de vie au cours de la première année suivant le diagnostic. Cette anxiété et cette inquiétude sont en grande partie attribuées au manque d’information claire et propre à la maladie.

Dans le cadre de ce projet, nous voulions non seulement accroître l’efficacité du système, mais aussi améliorer l’expérience des familles en leur offrant de meilleures ressources et en leur présentant plus clairement le cheminement menant au retour à la maison. En publiant notre trajectoire clinique ainsi que les motifs qui ont guidé son élaboration, nous espérons que d’autres établissements pourront l’adapter à leur contexte local afin d’optimiser leur fonctionnement, d’améliorer l’expérience des patients et de réduire le fardeau associé aux hospitalisations.

Quelles ont été les principales conclusions de l’étude?

Le projet a été couronné de succès, puisque nous avons réduit de 17 % la durée moyenne du séjour, qui est passée d’environ 55 à 46 heures au cours de l’année de mise en œuvre. Même si notre équipe visait initialement une réduction plus importante, cette baisse de 17 % s’est maintenue et a permis de réaliser des économies estimées à environ 25000 $ pour 49 hospitalisations. Ces économies découlent à la fois de la réduction de la durée du séjour et de l’élimination des analyses sanguines inutiles. Les autres interventions comprenaient la simplification du processus de prise de rendez-vous pour les échocardiographies, la création d’une liste de vérification en vue du congé, l’établissement d’une période sans fièvre d’environ 24 heures seulement avant le congé, l’uniformisation des directives de congé et l’amélioration des ressources éducatives destinées aux patients et à leur famille.

Nos interventions ont été élaborées en collaboration avec des bénévoles de Kawasaki Disease Canada, un organisme de bienfaisance national enregistré qui défend les intérêts des familles touchées par la maladie de Kawasaki et soutient celles dont l’enfant vient de recevoir un diagnostic. Ces bénévoles nous ont aidés à élaborer des directives sur les symptômes auxquels s’attendre après le congé, les situations dans lesquelles il faut consulter de nouveau et le moment où l’enfant peut reprendre ses activités. Toutes ces questions sont courantes et peuvent susciter de la confusion et de l’anxiété si elles ne sont pas clarifiées rapidement.

L’autre constat majeur de notre étude est qu’aucun problème de sécurité n’a été relevé. Aucun des patients dont l’examen cardiaque initial était normal n’a développé de nouvel anévrisme après son congé, et aucun épisode de fièvre n’est passé inaperçu entre le congé et le premier suivi en clinique. De plus, le congé précoce n’a pas entraîné une hausse du recours aux services d’urgence après le départ de l’hôpital. Enfin, le degré de satisfaction des proches aidants est demeuré élevé et comparable à celui observé dans l’ensemble de l’hôpital.

Les familles estimaient recevoir des renseignements médicaux complets et se sentaient mieux préparées aux différentes étapes du suivi. Nos résultats montrent clairement qu’il est possible d’apporter des changements importants aux pratiques, comme réduire la durée de l’hospitalisation et le nombre d’analyses sanguines, sans compromettre la sécurité des enfants.

À propos de Dre Audrea Chen

La Dre Audrea Chen est rhumatologue pédiatrique au Stollery Children’s Hospital. Elle a suivi une formation complémentaire sur les vascularites pédiatriques au Hospital for Sick Children, à Toronto, et est titulaire d’une maîtrise ès sciences en amélioration de la qualité et en sécurité des patients. Ses travaux de recherche et d’amélioration de la qualité portent sur la maladie de Kawasaki, les vascularites systémiques, l’amélioration de la compréhension de la maladie par les patients et leur famille ainsi que la transition vers les soins aux adultes des patients atteints d’une maladie rhumatismale.


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L’information contenue dans le présent blogue ne devrait pas remplacer les soins et les conseils d’un médecin. Les points de vue des blogueurs ne représentent pas nécessairement ceux de la Société canadienne de pédiatrie.

Mise à jour : le 26 octobre 2026