Affiché le 17 juin 2026 par la Société canadienne de pédiatrie | Permalink
Catégorie(s) : Recherche et surveillance
L’été approche, et les enfants et les adolescents passeront plus de temps dehors à pratiquer des sports et à profiter de la nature. Il est essentiel que les jeunes maintiennent un mode de vie sain, mais il est également important que les familles soient conscientes de leur exposition aux tiques quand elles sont à l’extérieur. Les maladies transmises par les tiques deviennent un grave problème de santé publique dans de nombreuses régions du Canada. En raison des changements climatiques, les tiques abondent et s’étendent dans des secteurs où elles étaient peu nombreuses auparavant. Par conséquent, de plus en plus de Canadiennes et Canadiens sont exposés aux tiques qui peuvent transporter divers agents pathogènes. Les enfants sont particulièrement à risque. En effet, ils passent souvent plus de temps à l’extérieur, la présence de tiques peut passer inaperçue et des symptômes précoces peuvent être confondus avec d’autres infections infantiles, ce qui retarde le diagnostic et le traitement.
La maladie de Lyme demeure la principale maladie transmise par les tiques au Canada, mais d’autres maladies moins connues peuvent être sous-détectées. Les espèces de tiques responsables de la transmission de la maladie de Lyme, de l’espèce Ixodes ou tiques à pattes noires, propagent également d’autres maladies transmises par les tiques, y compris l’anaplasmose, la babésiose, et le virus de Powassan.
L’anaplasmose est une infection bactérienne qui provoque des symptômes semblables à ceux de la maladie de Lyme, mais elle ne s’associe pas à des éruptions. Elle peut aussi se manifester par des symptômes gastro-intestinaux comme la diarrhée, les douleurs abdominales et les vomissements. Les cas déclarés d’anaplasmose se sont accrus ces dernières années, ce qui en fait l’une des infections transmises par les tiques à la plus forte croissance au Canada. La babésiose est une infection parasitaire qui s’accompagne de fièvre et d’anémie hémolytique. Même si elle est encore peu fréquente au pays, des cas ont été déclarés dans les provinces où les tiques à pattes noires sont établies. Le virus de Powassan est plus rare, mais peut être responsable d’une encéphalite grave et d’une méningite. Depuis 2024, partout au pays, l’anaplasmose, la babésiose et le virus de Powassan sont des maladies à déclaration obligatoire à l’Agence de la santé publique du Canada.
La fièvre récurrente transmise par les tiques dures ou les tiques molles, la fièvre pourprée des montagnes Rocheuses et la paralysie à tiques sont des maladies transmises par les tiques moins fréquentes et ne sont pas à déclaration obligatoire sur la scène nationale. La fièvre récurrente transmise par les tiques dures, causée par le Borrelia miyamotoi, se propage par des tiques à pattes noires de l’est du Canada, tandis que la fièvre récurrente transmise par les tiques molles, causée par le Borrelia hermsii, se propage par des tiques au corps mou (les espèces d’Ornithodoros) du sud de la Colombie-Britannique. Ces infections peuvent provoquer des épisodes de fièvre récurrente. La fièvre pourprée des montagnes Rocheuses est une infection à rickettsies transmise par les tiques des montagnes Rocheuses et les tiques du chien (espèces de Dermacentor), qui peut causer de la fièvre, des céphalées et des éruptions. Un traitement tardif est associé à un taux élevé de morbidité et de mortalité. Bien que ces tiques soient rares au Canada, quelques cas sont déclarés chaque année, principalement dans l’Ouest canadien. Deux cas humains ont notamment été signalés en Ontario en 2025, ce qui représente les premiers cas de fièvre pourprée des montagnes Rocheuses à être observés en Ontario depuis près de 50 ans (1). Enfin, la paralysie à tiques est provoquée par une neurotoxine libérée dans la salive des tiques des montagnes Rocheuses et des tiques du chien lorsqu’elles restent longtemps fixées à la peau. Elle se manifeste par une paralysie ascendante et se traite par une détection et un retrait rapides. Les cas sont surtout observés dans l’Ouest canadien.
Malgré la prévalence croissante des maladies transmises par les tiques au Canada, d’importantes lacunes subsistent dans la compréhension des endroits où ces maladies font leur apparition et de leurs manifestations cliniques chez les enfants. De nombreux prestataires de soins ne connaissent pas les maladies transmises par les tiques, sans compter que leurs symptômes peuvent être indéterminés, ce qui contribue probablement à leur sous-diagnostic et à leur sous-détection. Certaines maladies transmises par les tiques font l’objet d’une surveillance sur la scène nationale, mais les données cliniques et épidémiologiques saisies par le système de surveillance national des cas humains sont limitées, et de nombreuses maladies transmises par les tiques ne sont pas à déclaration obligatoire au pays.
Les changements climatiques accentuent le risque d’exposition aux maladies transmises par les tiques, et c’est pourquoi il est essentiel d’améliorer les efforts de sensibilisation et de surveillance pour en contrôler la propagation chez les enfants canadiens. Grâce à cette étude du PCSP, les chercheurs souhaitent mieux caractériser le fardeau des maladies transmises par les tiques autres que la maladie de Lyme chez les enfants du Canada, déterminer les régions géographiques à risque et décrire les profils cliniques des manifestations, de la prise en charge et des pronostics. Ces observations contribueront à éclairer les considérations diagnostiques et les stratégies sanitaires pour les prestataires de soins de première ligne et les responsables de la santé publique.
1. Agence ontarienne de protection et de promotion de la santé (Santé publique Ontario). La fièvre pourprée des montagnes Rocheuses en Ontario. Toronto (Ontario) : Imprimeur du Roi pour l’Ontario; 2025.
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Mise à jour : le 17 juin 2026