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La mobilisation des jeunes enrichit les soins tenant compte des traumatismes en pédiatrie, révèle un nouveau rapport

le 10 avril 2026

Même si les recherches démontrent que la consultation des jeunes améliore la prestation des soins, leurs points de vue sont souvent absents des publications médicales. Un nouveau rapport vise à corriger cette lacune en faisant ressortir les idées et les recommandations de jeunes diversifiés des quatre coins du Canada qui ont participé à une consultation nationale sur les soins tenant compte des traumatismes.

 

Publié en janvier par la Société canadienne de pédiatrie, le BC Children’s Hospital Research Institute et le Compass Lab (Unity Health Toronto), le rapport contient des conseils pratiques pour les prestataires de soins et les établissements de santé sur les soins sécuritaires tenant compte des traumatismes à prodiguer aux jeunes.

 

L’équipe du projet qui a produit Les perspectives des jeunes relativement aux soins tenant compte des traumatismes incluait également un conseil consultatif composé de cinq personnes qui ont orienté le processus de consultation.

 

«Nous savons que les traumatismes ont d’énormes répercussions sur la santé. Nous savons aussi que les jeunes très exposés à des expériences traumatiques se heurtent à plus d’obstacles à l’accès aux soins. Il est essentiel que les jeunes contribuent à établir des approches des soins qui sont relationnelles, fondées sur les forces et aussi agréables que possible», affirme le docteur Matthew Carwana, cochercheur principal du projet et pédiatre au BC Children’s Hospital Research Institute.

 

Dans le cadre d’une série de consultations tenues dans les diverses régions du Canada, les jeunes ont pu s’exprimer ouvertement et ont apporté une diversité d’expériences et de points de vue. Leurs conseils sont reflétés dans six messages clés qui définissent les caractéristiques fondamentales des soins sécuritaires tenant compte des traumatismes :

 

·       Pour qu’ils soient sécuritaires, prodiguer des soins dans des lieux qui paraissent accueillants pour les jeunes, sont accessibles et respectent leur vie privée.

·       Pour qu’ils tiennent compte des traumatismes, centrer les rendez-vous médicaux sur les soucis de santé du jeune plutôt que sur les priorités des prestataires de soins, des parents ou des proches.

·       Établir une relation de confiance avec le prestataire de soins pour créer un environnement de soins plus sécuritaire pour le jeune.

·       Traiter des sujets médicaux délicats avec clarté et en toute confidentialité.

·       Évaluer soigneusement le mode de participation des stagiaires aux rendez-vous.

·       Prévoir un plan de suivi après un rendez-vous médical et aider les jeunes à atteindre leurs objectifs de santé.

 

Les participantes et participants ont également formulé 19 recommandations pratiques pour aider les prestataires de soins à offrir aux jeunes des rendez-vous sécuritaires tenant compte des traumatismes.

 

«Ces recommandations, qui sont pratiques et réalisables, reposent sur les expériences vécues des jeunes, qui se sentent pressés, non entendus et vulnérables dans les milieux de soins. Les jeunes ne s’attendent pas à la perfection de la part des prestataires de soins, mais comme ils sont les experts de leur propre vie, ils veulent avoir un mot à dire sur leurs soins. Ils nous ont confié qu’on leur demandait rarement leur avis, mais lorsqu’on le fait, ils ont des choses intéressantes à dire», explique Damilola Mabadeje, chercheuse responsable des jeunes et cochercheuse principale du projet.

 

Les consultations se sont déroulées en 2024 et 2025. Le rapport renferme également les résultats d’une analyse exploratoire de 2023 et contient des conseils pour adopter un processus de consultation similaire dans d’autres contextes.

 

«Ce rapport est conçu pour être utilisé par quiconque travaille auprès des enfants et des jeunes. Toutes et tous, autant que nous sommes, nous pouvons prodiguer des soins tenant compte des traumatismes à notre patientèle, aux familles et à nous-mêmes. Les membres de notre patientèle, c’est-à-dire les jeunes et les familles avec qui nous travaillons, savent de quoi la sécurité a l’air et comment ils la ressentent. Nous n’avons qu’à les écouter», conclut la docteure Shazeen Suleman, cochercheuse principale et pédiatre au BC Children’s Hospital Research Institute.

 

Ce rapport a été rédigé par Damilola Mabadeje, le docteur Matthew Carwana, la docteure Shazeen Suleman et la docteure Sara Jassemi du BC Children’s Hospital Research Institute, de même que par la docteure Yasmine Ratnani, professeure adjointe de clinique au département de pédiatrie de l’Université de Montréal.

 

Le projet a été financé par une subvention de l’Agence de la santé publique du Canada. Les points de vue qui y sont exprimés ne représentent pas nécessairement ceux de l’Agence de la santé publique du Canada.

Mise à jour : le 10 avril 2026