OTTAWA – Les blessures représentent la principale cause de décès chez les enfants et les adolescents canadiens, mais les mesures de prévention et de contrôle sont sous-financées et sous-reconnues, souligne un nouveau document de principes de la Société canadienne de pédiatrie (SCP).
La SCP réclame à tous les ordres du gouvernement d’élaborer une stratégie de prévention des blessures qui s’attaque aux risques démesurés de blessures dans les populations vulnérables du Canada.
« Les blessures graves représentent un risque pour les enfants du pays et ne peuvent pas être considérées comme des “accidents”, affirme le docteur Daniel Rosenfield, président du comité de la prévention des blessures de la SCP. Ce sont des événements prévisibles qui peuvent être évités si les bons systèmes sont en place. »
Les blessures non intentionnelles sont la principale cause de décès chez les enfants et les adolescents de un à 19 ans. Entre 2020 et 2024, près de 400 enfants et adolescents sont décédés de blessures chaque année. Les déterminants sociaux de la santé, tels que le revenu familial, la qualité du logement et l’emplacement géographique, sont responsables de disparités et de différences en matière de blessures. Les enfants de familles à faible revenu sont victimes d’un taux global de blessures plus élevé.
L’évolution des risques, tels que les dispositifs de micromobilité émergents, comme les trottinettes et les vélos électriques, fait ressortir la nécessité de mesures de surveillance continues et de prévention réactives pour répondre aux nouvelles menaces. Les données d’un récent sondage du Programme canadien de surveillance pédiatrique (PCSP) révèlent une augmentation des blessures graves et des décès liés aux trottinettes et aux vélos électriques.
Le sondage, codirigé par les docteurs Amir Wachtel, Amy Acker, Suzanne Beno et Daniel Rosenfield, a révélé 57 cas de blessures graves liées à ces véhicules en 2025. Les pédiatres ont déclaré dix décès chez les enfants de moins de 18 ans, de même que 12 hospitalisations en soins intensifs et 26 hospitalisations prolongées. Les traumatismes crâniens étaient les blessures les plus courantes, et environ le tiers des cas ont dû être opérés.
« Nous devons réorienter nos efforts en amont et prévenir les blessures graves dans la communauté plutôt que de les traiter après leur survenue, explique le docteur Rosenfield. Il est important de souligner que la création d’environnements plus sécuritaires ne doit pas se traduire par l’élimination des risques pendant l’enfance. Les enfants tirent des avantages de la possibilité d’explorer, de se lancer des défis et de s’adonner à des jeux extérieurs actifs. »
La SCP enjoint aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux à investir dans une stratégie de prévention des blessures pancanadienne chez les enfants, qui inclut la coordination des politiques, la surveillance, la recherche, l’éducation publique et le marketing social.
La SCP est d’accord avec les recommandations d’éliminer le terme « accident » de tous les codes médicaux, des communications et du discours cliniques pour renforcer la nature évitable des blessures. Des termes comme « blessure », « collision » ou « incident » sont plus précis et reflètent la nature modifiable et évitable de la plupart des blessures.
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Mise à jour : le 8 juillet 2026